Porteur de l’imagination!
Vous n’êtes qu’un outil de mes écrits.
Vous transmettez sur un papier
La joie de vivre et du plaisir.
 
Porteur de mes idées!
Votre pouvoir est infini.
Ne soyez pas timide, vous le savez.
Vous avez le povoir de dire l’inouï.
 
Porteur de la sagesse!
Vous m’impressionnez.
Je vous prends, et je sais
Que vous êtes du monde la clef.
 
Vous devez me croire, mon ami,
Lorsque je dis que je vous aime.
Que ferai-je sans toi?
Ces mots n’apparaitraient plus.
Ces vers seraient pour toujours perdus.
 
Que deviendrai-je sans ta présence?
Écrivain frustré, ma vie, plus de sens.
Je ne veux même pas y penser.
La chance me fut propice
Lorsque je te trouvai sous une valise.
 
Tu étais seul et abandonné.
Personne ne te voulait.
Tu n’écrivais plus, tu ne servais plus.
Ton seul destin la misère devint.
 
Mais je te vis, seul, abandonné.
Moi je te voulais.
Qu’importe que tu ne puisse écrire?
Mes soins te donnèrent la joie de vivre.
 
Et tu vécus.
 
Avec moi, le monde te connut.
Tu devins célèbre, la vie te souriait.
Tes écrits, mes écrits, montrèrent au monde
Combien tu valais, combien tu servais.
 
Mais à présent, je ne te reconnais point.
Je ne sais pas qui tu es.
Je ne sais pas ce que je t’ai fait.
La vanité te corrompt.
Et je ne sais plus te contrôler.
 
Tu écris ce que tu veux,
Tu n’obéis point mes ordres.
Ô! crayon de la discorde!
Vous avez semé l’inquiétude
Dans les terres de mes pensées,
Dans les terres de mes idées.
 
Que faire? T’abandonner
Comme le fit une fois ton ancien maître?
Ou te garder et succomber à tes pouvoirs?
Ma vie dépend de toi, ma pensée t’appartient.
 
Ma main te bouge sans cesse!
Que m’as tu fait?
Tu m’obliges à écrire ces mots!
Ce n’est…pas…
Oui! Il l’est!
…ce que je…
Bien sûr que je le pense!
…pense!
Crayon maudit!
Crayon de mon âme!
Je te haïs!
Je t’aime, c’est un charme!
Je dois te détruire!
Mais pourtant je ne veux pas!
Mais pourtant…
 
Maintenant tout est fini.
Je reprends ce poème, mon amour est parti.